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La grande course de Monsieur Pierre*
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10 Avril 2018 - Jean-Paul Gallot
La grande course de Monsieur Pierre*

Dimanche 8 avril, juste avant le challenge Del Campo à Andrézieux auquel 10 de nos lanceurs ont participé, il m'a été donné de me mêler à la foule des traileurs au départ des 6 Km de La Marcellinoise à Saint-Marcellin-en-Forez.

J'ai bien écrit donné, oui, car épingler un dossard sur mon cuissard, et pas sur mon maillot tout neuf de l'ACSM, c'est un cadeau quasi inespéré et un bonheur incommensurable. J'avais choisi la plus courte des distances proposées le 6 Km faute d'avoir les jambes pour un 14 Km et moins encore pour un 20 Km. Un bon moment après l'arrivée, tandis que j'avais déjà avalé un gobelet de thé, un autre de café et plus d'un litre de Badoit, j'ai rencontré un anonyme qui ne l'est pas tout à fait dans la région.

Il s'appelle Pierre Gagne, il est licencié à l'AC Ondaine.

Je lui demande si je peux faire une photo à ses côtés. Il me répond :

" Si tu veux ! "

Le cheveu bien blanc depuis longtemps mais le pied toujours alerte, cela fait des décennies qu'on le voit prendre fidèlement les départs de courses. À Saint-Marcellin il a terminé dernier du 6 Km à moins d'une minute de l'avant-dernier. Ce " jeune homme " affiche des centaines de courses au compteur mais surtout 87 printemps.

L'émotion d'avant le départ

Respect Monsieur Pierre.

Les gens de ma génération rêveraient d'en faire autant et l'on ne peut que vous souhaiter de continuer longtemps votre bonhomme de trail.

Je n'ai pas demandé à Pierre Gagne comment il a vécu cette nième course. Probablement avec un grand plaisir et son inoxydable détermination à avancer.

Pour ma part, moins d'une minute avant le départ, je m'étais glissé à peu près à la moitié du peloton supputant que le niveau de la " compétition " ne serait pas très relevé.

" Ne manque pas le départ "

Je fais un selfie le dos tourné à la banderolle de départ et je l'envoie à ma chérie. Elle me répond :

" Ne manque pas le départ. Tu sembles te tromper de sens. "

Si heureux d'être ici, donc un peu envahi par l'émotion j'ai juste le temps d'ajuster mon cardio, de régler ma montre et ça part dans le brouhaha feutré des chaussures qui tapent sur le goudron, les encouragements de l'animateur-micro qui chauffe la salle et les applaudissements des spectateurs. Le parcours s'annonçe quasi plat ( D+50 mètres ). Préalablement je m'étais renseigné auprès d'un organisateur et j'avais décidé de courir en chaussures running et pas en chaussures de trail.

Une fois franchi le premier km la troupe se dédensifie et l'on commence à trotter un peu plus à l'aise.

Bientôt on approche du 2ème km, on passe devant l'entreprise Intrabois aux Plantées, spécialiste des charpentes en bois de bâtiments agricoles. J'ai souvent vu des stabulations dont ils avaient fourni l'ossature. Ces pensées me distraient quelques secondes. Laisser son esprit s'évader quelques instants sans se déconcentrer, j'aime ça.  

Un cardio et une seule côte

J'avance en surveillant étroitement mon cardio-fréquencemètre. Je connais ma limite anaérobie. Quand le " moulin " tourne dans le rouge il vaut mieux stabiliser le train voire lever le pied quelques instants. J'avais décidé de ne pas monter trop vite en régime ayant remarqué à l'entraînement que plus l'on monte tôt, plus vite on arrive à la limite. Jusque là j'ai progressé dans la troupe en gagnant des places,  notamment sur celles et ceux qui se sont laissés entraîner par l'allure euphorisante du départ. Parmi cette cohorte, une fille. Son souffle se rapproche d'un râle d'agonisant. Elle est en train d'exploser. Les 4 derniers km vont être longs pour elle. Et pour moi ?

Ça me faisait marrer

La seule " côte ", un long faux-plat en réalité, dresse devant moi un troupeau de runners étendu aussi loin que porte ma vue. Je suis donc déjà tellement dans les profondeurs du bataillon bataillant ? Il est vrai que je cours avec deux objectifs : terminer la course et ne pas finir dernier. Et un autre que je m'étais fixé en m'inscrivant : courir à 5 minutes/Km ( 12 Km/heure ). Ce qui à la fois me semblait " ambitieux " compte tenu que je n'atteins jamais cette allure à l'entraînement, et me faisait marrer en me souvenant que, trois décennies en arrière lorsque j'étais compétitif, je m'échauffais entre 13 et 15 Km/Heure et que cette course je l'aurais avalée à moins de 3'30 au km ( entre 17 et 18Km/heure ).

L'œil sur le cardio

Un vétéran au " casque " blanc me double. Je me dis que c'est un habitué. Quelques instants je me cale à ses côtés. Il accélère. Je le laisse faire.

Un trentenaire me précède aussi. Je lui trouve l'air un peu enrobé. Quand je me porte à son niveau je constate en effet qu'il n'est pas très affuté. Il procède par accélérations décidées. Il en veut. Il s'en veut ? Il reprend de l'avance. Quelques pas. Je le rattrape. Moi aussi je cours de manière irrégulière, l'œil sur mon cardio. Nous continuons tous les deux ainsi jusqu'à ce qu'il craque à son tour. Au passage je l'encourage :

" Tiens bon ! "

Nous tournons à angle droit entre les haies. Un groupe de spectateurs encourage une fille qui me précède, vêtue d'un tee-shirt anis fluo.

" Allez Mademoiselle " lui crient-ils.

J'arrive quelques foulées après elle. Je me retrouve dans la descente. Mon point fort. Là je suis partagé entre la grande envie d'en profiter pour prendre de l'avance sur certains, de dépasser ceux qui se trouvent juste devant moi, d'en rejoindre d'autres qui me devancent de plus loin et celle de faire retomber un peu le régime moteur. Il faut ménager la chèvre et le chou. J'accélère, je dépasse " Casque blanc ". Je ne le reverrai plus. Une partie plate. L'écart avec la " Mademoiselle " s'est rétréci.

Je remets la gomme

3,8 Km à ma montre. Encore un angle droit et la descente reprend, douce tout de même. Fielleusement je remets la gomme sur ce terrain favorable. Je double la " Mademoiselle " puis je me concentre sur le prochain virage à angle droit. Choisir la meilleure trajectoire, la plus courte si le sol n'est pas piègeux à cet endroit. J'ai profité de la fin de la descente et d'une ligne droite au plat pour me " refaire la cerise ". Mon cardio a légèrement baissé le ton. Je n'ai pas totalement épuisé ma réserve. La distance annoncée est de 6,5 Km. Nous franchissons les limites du bourg. La route est goudronnée. L'organisateur m'avait dit qu'il reste environ un km quand on atteint le macadam. Donc la course mesurerait moins que les 6,5 Km annoncés si je me fie à mon GPS. Où alors les indications qu'on m'a données sont très approximatives.

À ce point le troupeau s'est bien étiré, la situation bien éclaircie. Une fille en maillot blanc me devance d'une trentaine de mètres. Elle a belle allure, elle avance bien. Assez loin devant elle d'autres coureurs.  Une petite bande de jeunes au bord de la route m'encourage :

" Allez Monsieur, ne lâchez rien ! "

Que de déférence dans cette formulation pour un humain qui ne fait que ce qui se pratique depuis l'aube de l'humanité : courir !

 Mais la consigne " matche " avec ce que j'ai en tête et les quelques réserves encore dans mes mollets : j'ai bien l'intention de ne pas me laisser rattraper et même d'essayer de gagner encore une ou deux places.

À 500 mètres de l'arrivée nous tournons dans une ruelle de cent mètres qui nous conduit aux tous derniers hectomètres des deux ultimes lignes droites. Je profite du virage à 90 degrés pour relancer et dans la foulée je dépasse la concurrente qui se classera 3ème féminine de la course. Je soutiens mon train et dans l'avant-dernière ligne droite je fais ce que je déconseille généralement, mais là je me sens assez " costaud " pour déroger : je me retourne, juste pour m'assurer que j'ai assez distancé tout le monde. Sinon j'en remets une couche.

Monistrol !

Fugacement j'aperçois plusieurs coureurs. Les deux devant moi sont trop loin pour que je puisse revenir sur eux mais j'accélère encore à la fin. L'homme du micro annonce "Monistrol " et ça me fait très plaisir. Je n'ai pas mis mon maillot jaune pour rien. Je pose le pied sur le tapis vert au pied de l'arche.

Une fois la ligne franchie, bien que je me sente un peu court en souffle, je ne m'effondre pas et je délace ma chaussure pour récupérer la puce et la rendre.

Je passe un SMS à ma chère et tendre pour lui dire que je suis toujours en vie, photo à l'appui. Je ne connais pas encore mon classement.

Puis vient une longue séquence " abreuvoir " et la suite,

Chère lectrice, cher lecteur, cher(e) tout court,

Tu la connais,

Quant au classement, je termine 44ème sur 258 à 4'34 au kilomètres (13,1 Km/heure ) pour une distance de 6070 mètres à mon GPS ( 6000 m au classement officiel ). Deuxième Master 3 à plus de trois minutes de Michel Bégonin qui a remporté des dizaines de courses sur route il y a quelques années. Un intouchable !

J'espère,

Chère lectrice, cher lecteur, cher(e) tout court,

que tu me pardonneras d'avoir mis en avant ma propre expérience, mais courir c'est un tel bonheur que j'aspire à le partager.

_______________________________________________________

* La grande course de Monsieur Pierre en référence à l'ouvrage de Tom Mac Nab " La grande course de Flanagan "

Un roman que tous les coureurs à pieds reconnaissent. Une histoire à courir et parcourir que quand tu la lis tes jambes bougent toutes seules.

Les critiques de lecteurs sur le site Babelio

Résumé de " La grande course de Flanagan " par le site FNAC

 Le 21 mars 1931, en pleine Dépression, dans le stade de Los Angeles, Douglas Fairbanks donne le départ de la Trans-America : 2000 athlètes dont 121 femmes, venus de soixante pays, s'élancent vers l'est. Ils doivent rallier New-York en passant par le désert Mojave, Las Vegas, Les Rocheuses, Chicago, effectuant chaque jour un marathon. Cette course dotée de 360 000 dollars de prix, la plus grande jamais organisée, est l'invention d'un entrepreneur audacieux, Charles C. Flanagan, inspiré d'un personnage réel. Grâce à l'auteur, ancien athlète, on partage les souffrances de cette armée hétéroclite qui fond au fil des jours. 862 coureurs atteindront New-York ; parmi eux MacNab suit le destin d'un vétéran américain Doc Cole, du syndicaliste Mike Morgan, de l'Ecossais Hugh McPhail, qui fuit la crise, du lord anglais Peter Thurleig, ou de Juan Martinez, un Mexicain ambassadeur de son village. On s'attache à chacun, à son propre petit roman, dans et à côté de la course. MacNab développe des intrigues parallèles : le rôle de l'argent et les difficultés de Flanagan, qui mène sa propre « course » d'obstacles, tenant toute l'organisation à bout de bras, en dépit de l'hostilité des instances olympiques officielles ; la présence d'une section de Jeunesses hitlériennes parmi les coureurs ; l'intervention de la mafia, etc. L'ensemble est généreux, bien bâti, vivifiant, tonique, et mérite pleinement son statut de roman-marathon : à la croisée des Chariots de feu et des Raisins de la colère, un roman inoubliable.



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