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COURIR AVEC LES KENYANS
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11 Avril 2018 - Jean-Paul Gallot
COURIR AVEC LES KENYANS

Les Kényans, et dans une mesure moindre les Ethiopiens, imposent leur domination sans faille sur le marathon mondial. Depuis longtemps la question se pose : quel est donc leur secret ? Un journaliste anglais a tenté d'en savoir plus.

Il a découvert, entre autres, que Daniel Komen, champion du monde du 5000 mètres en 1997, vice-champion du monde de cross court, recordman mondial du 3000 mètres en 7'20"67, trayait les vaches tous les jours. Et que lorsqu'un coureur kényan commence à gagner de l'argent, sa première dépense, c'est pour acheter une vache.

Faudrait-il donc se reconvertir dans l'élevage laitier pour accéder à l'élite mondiale du marathon ?

Harambree : Travaillons ensemble

Quand on est journaliste, amoureux de course à pied, " le sport le plus naturel du monde ", que l'on vaut 38 minutes au dix mille mètres, est-il nécessaire d'être citoyen britannique pour nourrir l'étrange idée d'aller se mesurer aux coureurs kényans chez eux à Iten, sur les hauts plateaux perchés au dessus de la mythique vallée du Rift à 2600 mètres d'altitude?

Il est vrai que parler l'anglais ça aide puisque c'est l'une des deux langues officielles du pays avec le swahili.

Mais tout de même, dans une contrée où un marathonien à 2H10 ne passe que pour un coureur très moyen, où la population des podiumisés aux grands marathons mondiaux, aux championnats du monde et aux Jeux Olympiques est aussi dense que celle des parapluies à Londres un jour de crachin, il faut un sacré toupet pour oser se présenter baskets aux pieds aux côtés ( au début de l'entraînement tout au moins ) de ces athlètes faméliques aux pieds nus.

C'est le défi qu'a relevé Adharanand Finn, citoyen anglais qui s'est rendu dans cette région terre des coureurs de fond, à Iten capitale mondiale de la course à pied, avec l'idée de découvrir les secrets de ces athlètes.

Après son séjour de plusieurs mois, serait-il capable d'enfin défier ces monstres d'endurance et de résistance capables de se débarrasser de 42,195 km en moins de 123 minutes soit près de 21 Km/heure ?     

Quelle est donc la raison de leur incroyable domination sur le marathon ?

Courir pieds nus, manger différemment des Occidentaux, ce seraient là les mystères révélés par son séjour en terre kényane ?

Ou alors, est-ce génétique ?

Morphologique ? On dit que leurs mollets sont plus fins que ceux des autres...

L'ugali leur confère-t-il un avantage sur le reste du monde ?

Est-ce tribal puisque 75% des athlètes internationaux kényans appartiennent à la tribu Kalenjin ?

Cela tient-il à leurs méthodes de préparation ?

À l'émulation entre coureurs dans les camps d'entraînement ?

À l'espoir affiché de remporter de lucratives victoires et sortir de la misère ?

Serait-ce dû à une politique sportive appropriée de la nation kényane ?

Cela serait-il culturel ? On dit qu'au Kenya  " l'athlétisme est une religion. Tous ceux capables de courir y consacrent leur vie... "

Et comment expliquer la phénoménale réussite du frère Colm, missionnaire irlandais, qui depuis 40 ans, sans rien connaître à la course à pied quand il a commencé à entraîner des coureurs, a formé une vingtaine de champions olympiques ?

Cela fait un bon bout de temps que le microcosme du demi-fond et du marathon se pose ces questions.

Altitude ou attitude ?

Un article du Monde  écarte l'idée d'un avantage lié à la vie en altitude :

 " Les athlètes des hauts-plateaux se sentent offensés lorsque les chercheurs tentent d’expliquer leurs performances par la vie perchée à 2000 m où l’oxygène est raréfié, et préfèrent parler d’attitude que d’altitude. La culture du travail plutôt que la nature des conditions de vie. "

Harambree : Travaillons ensemble, c'est la devise officielle du Kénya

Des éléments de réponse apparaissent dans ces extraits du livre intitulé " Courir avec les Kenyans " ( éditions Jean-Claude Lattès ) qu'a écrit Finn suite à son expérience.

" Il existe une tradition kényane selon laquelle une communauté entière pratique l'entraide. C'est le harambree. Cela veut dire " travaillons ensemble ". C'est la devise officielle du Kénya.

Quand un athlète gagne une médaille ou une somme d'argent importante, il réfléchit au parcours qui l'a conduit jusque là et se rend compte que personne ne réalise quoique ce soit sans l'aide et le soutien de ceux qui l'entourent.

Ici on court pour avoir une vie meilleure, pour  nourrir sa famille,et

...pour battre des records du monde...

Demandez à un champion d'où il vient et vous verrez qu'il est issu d'un milieu pauvre, d'une famille pauvre rurale.

La plupart des habitants de la vallée du Rift sont élevés dans une économie agricole de subsistance... Quand les athlètes gagnent de l'argent, la première chose qu'ils font est d'acheter une vache à lait... Posséder une vache fait partie de la mentalité locale. Qui n'a pas de vache n'est pas vraiment quelqu'un. On peut juger de l'importance de quelqu'un au nombre de vaches qu'il possède. 

" Tous les jours je trayais les vaches,

...courais à l'école, revenais à la maison en courant pour déjeuner, repartais à l'école, rentrais le soir, m'occupais encore des vaches. Voilà comment ça se passe au Kenya. "

( Daniel Komen Champion du monde du 5000 mètres en 1997, vice-champion du monde de cross court, recordman mondial du 3000 mètres en 7'20"67 depuis 1996 ).

" Nous nous entraînions tous les jours sans nous en rendre compte...

Tous les jours courir, courir, courir " dit un autre athlète.

"Être élevé dans des conditions physiquement difficiles, courir pieds nus, en altitude, aller à l'école en courant. La vie quotidienne des Kényans. Rien de tout cela n'est accompli dans l'intention de devenir un champion. C'est seulement leur façon de vivre. Du seul fait qu'ils passent leur jeunesse sur les pentes de la vallée du Rift, loin des grandes villes et des techniques inventées par les Occidentaux pour rendre la vie plus confortable, ils finissent par exceller dans le sport le plus naturel du monde. "

Et chez nous ?

" Pourquoi courir ? Vaincre le sentiment que cela est vain, mettre ses chaussures, se dire... qu'ensuite on sera content d'avoir couru.

C'est seulement après que la course prend son sens, même si alors il est difficile d'expliquer rationnellement pourquoi. Après avoir couru on a le sentiment de ne faire qu'un avec le monde, comme si un besoin inné indéfini avait été satisfait. "

Pour terminer, un grand merci à Fabrice qui m'a prêté ce livre que j'ai lu tardivement mais avec curiosité et plaisir.


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